Le rayon de tes yeux dit au bleu des étoiles,
Il faut chercher la nuit, les c½urs abandonnés
Où flottent sur l'étang couchées en de longs voiles,
L'Espérance et la Vie que tu m'avais données.
Que ce sommeil d'Amour dure encore et toujours
Entre l'aube d'été et l'âme des Bergers,
Que ce désert glacial n'est jamais vu le jour
Pour qu'au fond de nos c½urs nous soyons plus léger.
Il faut chercher la nuit, les c½urs abandonnés
Où flottent sur l'étang couchées en de longs voiles,
L'Espérance et la Vie que tu m'avais données.
Que ce sommeil d'Amour dure encore et toujours
Entre l'aube d'été et l'âme des Bergers,
Que ce désert glacial n'est jamais vu le jour
Pour qu'au fond de nos c½urs nous soyons plus léger.
Je m'étais assis sur un banc, je récitais à haute voix ces vers peu connus. Les mêmes je pense, furent chantés par Anton quelques heures auparavant, sans pouvoir atteindre le ciel. Je l'imagine ici à ma place, en train de me lire, et je le sais capable de découvrir des informations précises sur l'orage qui m'a poussé hors de ce navire. Sur mon radeau plus un membre de l'équipage ne répond à l'appel, tous on été emportés par une lame de fond peu avant l'immersion totale. Si dans quelques heures un bateau allié ne sera pas venu au secours de cette embarcation de fortune, de cette carcasse en décomposition, je pense que son naufragé sera emporté par l'endormissement de tous ses sens. Evoquer la mort à cet instant précis m'éviterais de vous mentir ; le rêve serait-il une vie parallèle ou plutôt le commencement de l'au-delà ?
Je recherchais alors une raison à ces images nocturnes. En moi-même, je me disais que l'origine de ces hallucinations provenait de fortes dégradations de ma mémoire, provoquant un mélange putride de chairs vivantes et de chairs mortes. Je recevais donc ce châtiment comme une punition de la justice divine. Nul ne connaît la profondeur de ses entrailles ni les couloirs infinis de son cerveau, c'est pourquoi la compréhension personnelle est aussi longue que difficile.
Le grand jour venu, la chrysalide doit tomber, et nous devons enfin essayer nos dents sur la branche d'une nouvelle vie. On doit sentir des ailes de papillon nous pousser dans le dos, mais le temps est compté, et il ne subsiste que très peu de clairière de divinité, il faut prudemment prendre son envol et suivre notre guide intérieur dans les hauteurs ineffables de la rêverie.
Ecoutez moi sans rougir vous qui êtes encore dans une chrysalide épaisse et qui prenez au sérieux tout les comportement de votre esprit ; notre Créateur nous à mit au monde dans un moment d'égarement et de rêverie. Il nous fait habiter une planète infestée de créatures singulières et méchantes. Je suis obligé de le dire : Oubliez votre intelligence et soyez dur avec vous-même, aucune complaisance n'est tolérée si vous voulez être libre. Les lois du Créateur nous poursuivront à jamais, il faut se battre sur un sol couvert de sang, il faut être le plus fort et remporter chaque bataille. Et si des blessures profondes apparaissent sur votre corps ou dans votre esprit, faites semblant de ne pas les voir, vous seriez repéré. Alliez vous avec des animaux, vous verrez alors leur infinie grandeur, il vous éloigneront la rage et la haine, panserons vos blessures et vous rapprocherons de contrées peuplées. Après tant d'efforts difficiles, votre chemin s'éclaircira, vous allez marchez sur des rives fleuries, vos pieds seront déliés, aucun mouvement ne pourra trahir la vérité que vous cachez au fond de votre c½ur. Vous deviendrez la personne que vous êtes vraiment, telle que vous ne la connaissez pas. En rêves des desseins superbes se produisent, nous faisant remonter à la source, à notre point de départ, souvent avec douleur et crispations. Vous m'écoutez toujours ? Me croyez-vous ? Si cela n'est pas le cas, allez dormir à la belle étoile ; en montagne, à Aden, où vous voulez, l'important étant de se trouver avec un ange. Petit à petit vous allez quitter votre chrysalide, petit à petit vous allez vous aimer et ainsi augmenter votre propre expérience causée par les regrets. Le vrai rêve serait donc réalité... ?
Il était une heure de l'après midi, tout redevenait normal dans la ville, les quelques passants qui subsistaient, paraissaient pressés et inquiets, le regard terne.
