Je poursuivis ma route.
Dans un bosquet entouré de fleurs, dormait un adolescent recroquevillé sur lui-même les bras contre son corps. Les lunes avaient fait fuir les nuages et caressaient de leurs rayons blêmes le visage du jeune homme. Ses traits exprimaient une forte féminité presque céleste et, en même temps une virilité déjà prononcée. Rien chez ce garçon ne paraissait naturel, les muscles de son dos avaient des contours harmonieux, presque de formes féminines. La main gauche sur la poitrine semblait compter les battements de son c½ur et par la même occasion garder un secret qui devait être éternel. Fatigué de vivre et honteux de sa personne, il préférait dormir ici plutôt que de marcher avec les gens qui ne lui ressemblaient pas. Quelques âmes compatissantes essayaient en vain de veiller sur lui, mais il n'y prenait guère attention ; sans doute était il trop résigné. Quelquefois il parlait aux gens, la plupart du temps sensibles et sans caractère, cela lui permettait de leur tenir la main, de rentrer dans leurs personnalité. Et plus celle-ci était complexe, plus il se délectait. Quand on lui demandait le choix de la solitude comme amie il vous fixait d'un regard qui paraissait dire « c'est tellement évident! » Jamais un mot ne sortait de sa bouche une fois cette question posée. Mais si vous poursuiviez l'entretien, son regard changeait littéralement et vous pénétrait d'une façon effrayante comme si il vous avait déjà compris. On le prenait alors pour un fou.
Un jour, des hommes voulurent le tuer. Une histoire incroyable dont il ne comprend toujours pas le sens aujourd'hui.
Une fois les blessures guéries et le recul nécessaire suffisant, il se mit à sourire et un sentiment de satisfaction intense lui frappa le c½ur. Au fond de lui maintenant, il le savait, sa puissance venait de prendre un coup de fouet ! Et cette expérience venait s'ajouter à toute son instruction déjà acquise malgré son jeune âge. Dorénavant, il connaissait la destiné de l'humanité qui dévoilât ce jour là toute la poétique de l'âme de ses éternels gardiens.
Depuis cet évènement qui fut connu d'une grande partie de la ville, chacun comprenait son secret, mais faisait mine de l'ignorer, croyant ajouter des souffrances bien inutiles. Maintenant, quand il voyait un homme ou une femme se promenant sur le Passero, il sentait son corps se séparer en deux, une partie pour chaque sexe, cette hallucination prenait fin quand la raison redevenait maîtresse de son empire. C'est pour cela qu'il se tenait toujours à l'écart, et sa pudeur excessive l'empêchait de s'ouvrir à qui que se soit. Il voulait profaner des esprits, des âmes, mais se retranchant dans son amour-propre il restait seul au milieu des tourments, sans consolation.
Il dormait donc ici, entouré de fleurs la main sur le c½ur. Un couple de mésanges contemplait avec bonheur ce visage mélancolique à travers les feuilles charnues et les branches suintant de sève. Le bosquet ressemblerait à un tombeau inca si le rouge-gorge ne lançait pas quelques notes de cristal dans les airs.
Fais attention jeune homme tes boucles de cheveux traînent dans l'herbe et se mêlent aux odeurs du passé, ces odeurs ne te quitteront plus. Lève toi ! Ta chevelure est sacrée ! Elle est ta mémoire !
Le garçon se leva, les vêtements parfumés du souffle de la montagne le rendaient gracieux. Une étoile descendue du firmament se posa sur son front en laissant derrière elle une clarté de diamant, comme une auréole. Il poussa d'un geste vif sa tristesse pour aller fêter le repos de sa pudeur excessive. L'innocence des anges y était conviée, mais elle n'est pas venue. Afin de le préserver du vent et de la rosée, les branches couvraient de sa harpe aux milliers de cordes, les paupières baissées du garçon, accrochées à des mondes suspendus. Il songeait à ne plus être lui même mais quelqu'un aux formes corporelles changées, il se laissa divaguer sur la mer de nuages habitée par des êtres tous différents de lui. Il rêvait que les arbres formaient une ronde dont il était le centre et s'imprégnaient du parfum de l'amour, puis, il se mit à chanter l'hymne à la beauté, les mains pleines de feuillages pourpres.
Reste comme ça je t'en supplie ! Ne te lève pas O lecteur ! Je sais que tu ne veux pas me croire... Calme toi, je te surveille. Que tes bras se mettent contre ton c½ur et cache ce secret si cher à ton esprit. Je te le permet, détends toi, n'ouvre pas les yeux ! Non, gardes les fermés ! Je veux te quitter ainsi juste pour le bonheur de te retrouver au réveil. Peut être un jour je parlerai de toi, je raconterai ton histoire et ton secret sera mon personnage principal. Jusqu'ici il m'était impossible de le faire car à peine trempais-je ma plume dans l'encrier que des larmes coulaient sur le papier, mes mains tremblaient, la sueur me coulait sur le front. Je suis navré de n'avoir pas encore pu t'offrir ce cadeau. Dors, dors, comme une petite fille, n'ouvre pas les yeux, je suis là. Chaque matin je penserai à toi, je n'y manquerai pas, que les anges te protègent.
Dans un bosquet entouré de fleurs, dormait un adolescent recroquevillé sur lui-même les bras contre son corps. Les lunes avaient fait fuir les nuages et caressaient de leurs rayons blêmes le visage du jeune homme. Ses traits exprimaient une forte féminité presque céleste et, en même temps une virilité déjà prononcée. Rien chez ce garçon ne paraissait naturel, les muscles de son dos avaient des contours harmonieux, presque de formes féminines. La main gauche sur la poitrine semblait compter les battements de son c½ur et par la même occasion garder un secret qui devait être éternel. Fatigué de vivre et honteux de sa personne, il préférait dormir ici plutôt que de marcher avec les gens qui ne lui ressemblaient pas. Quelques âmes compatissantes essayaient en vain de veiller sur lui, mais il n'y prenait guère attention ; sans doute était il trop résigné. Quelquefois il parlait aux gens, la plupart du temps sensibles et sans caractère, cela lui permettait de leur tenir la main, de rentrer dans leurs personnalité. Et plus celle-ci était complexe, plus il se délectait. Quand on lui demandait le choix de la solitude comme amie il vous fixait d'un regard qui paraissait dire « c'est tellement évident! » Jamais un mot ne sortait de sa bouche une fois cette question posée. Mais si vous poursuiviez l'entretien, son regard changeait littéralement et vous pénétrait d'une façon effrayante comme si il vous avait déjà compris. On le prenait alors pour un fou.
Un jour, des hommes voulurent le tuer. Une histoire incroyable dont il ne comprend toujours pas le sens aujourd'hui.
Une fois les blessures guéries et le recul nécessaire suffisant, il se mit à sourire et un sentiment de satisfaction intense lui frappa le c½ur. Au fond de lui maintenant, il le savait, sa puissance venait de prendre un coup de fouet ! Et cette expérience venait s'ajouter à toute son instruction déjà acquise malgré son jeune âge. Dorénavant, il connaissait la destiné de l'humanité qui dévoilât ce jour là toute la poétique de l'âme de ses éternels gardiens.
Depuis cet évènement qui fut connu d'une grande partie de la ville, chacun comprenait son secret, mais faisait mine de l'ignorer, croyant ajouter des souffrances bien inutiles. Maintenant, quand il voyait un homme ou une femme se promenant sur le Passero, il sentait son corps se séparer en deux, une partie pour chaque sexe, cette hallucination prenait fin quand la raison redevenait maîtresse de son empire. C'est pour cela qu'il se tenait toujours à l'écart, et sa pudeur excessive l'empêchait de s'ouvrir à qui que se soit. Il voulait profaner des esprits, des âmes, mais se retranchant dans son amour-propre il restait seul au milieu des tourments, sans consolation.
Il dormait donc ici, entouré de fleurs la main sur le c½ur. Un couple de mésanges contemplait avec bonheur ce visage mélancolique à travers les feuilles charnues et les branches suintant de sève. Le bosquet ressemblerait à un tombeau inca si le rouge-gorge ne lançait pas quelques notes de cristal dans les airs.
Fais attention jeune homme tes boucles de cheveux traînent dans l'herbe et se mêlent aux odeurs du passé, ces odeurs ne te quitteront plus. Lève toi ! Ta chevelure est sacrée ! Elle est ta mémoire !
Le garçon se leva, les vêtements parfumés du souffle de la montagne le rendaient gracieux. Une étoile descendue du firmament se posa sur son front en laissant derrière elle une clarté de diamant, comme une auréole. Il poussa d'un geste vif sa tristesse pour aller fêter le repos de sa pudeur excessive. L'innocence des anges y était conviée, mais elle n'est pas venue. Afin de le préserver du vent et de la rosée, les branches couvraient de sa harpe aux milliers de cordes, les paupières baissées du garçon, accrochées à des mondes suspendus. Il songeait à ne plus être lui même mais quelqu'un aux formes corporelles changées, il se laissa divaguer sur la mer de nuages habitée par des êtres tous différents de lui. Il rêvait que les arbres formaient une ronde dont il était le centre et s'imprégnaient du parfum de l'amour, puis, il se mit à chanter l'hymne à la beauté, les mains pleines de feuillages pourpres.
Reste comme ça je t'en supplie ! Ne te lève pas O lecteur ! Je sais que tu ne veux pas me croire... Calme toi, je te surveille. Que tes bras se mettent contre ton c½ur et cache ce secret si cher à ton esprit. Je te le permet, détends toi, n'ouvre pas les yeux ! Non, gardes les fermés ! Je veux te quitter ainsi juste pour le bonheur de te retrouver au réveil. Peut être un jour je parlerai de toi, je raconterai ton histoire et ton secret sera mon personnage principal. Jusqu'ici il m'était impossible de le faire car à peine trempais-je ma plume dans l'encrier que des larmes coulaient sur le papier, mes mains tremblaient, la sueur me coulait sur le front. Je suis navré de n'avoir pas encore pu t'offrir ce cadeau. Dors, dors, comme une petite fille, n'ouvre pas les yeux, je suis là. Chaque matin je penserai à toi, je n'y manquerai pas, que les anges te protègent.
