Songe VI

Songe VI
Le soleil faisait maintenant la course avec le paysage, la fatigue me rendait les yeux rouge sang et le regard méchant, je décidais d'allé faire un tour du côté de la jetée qui s'enfonce de mille pieds dans la Mer. Un pêcheur à tête de chat armé d'une canne en bambou ramenait à lui des poissons volants, ressemblant, de loin, à des flots d'étoiles filantes. Après les avoir remis à l'eau, il conserva quelques écailles pour servir de marque-pages très certainement pour un grimoire poussiéreux du XV ème Siècle. C'est alors qu'il m'interpella, je me mis en route vers lui, mais arrivé à sa hauteur, plus de trace du mystérieux personnage, où était il passé ? Il ne restait de sa présence qu'une écaille en forme de c½ur, je la mis dans ma poche entourée de varech pour la protégée. Rien ici n'expliquait la subite disparition du pêcheur, pensant qu'il fut le fruit de mon imagination je n'y songea plus et retournais d'un pas vif vers la plage, sur laquelle des cendres de la nuit passée se consumaient encore.
Je m'assis dans le sable et contemplais l'horizon quand j'aperçus une caravelle arborant la bannière des commerçants espagnols du XV ème siècle mettre le cap vers moi, très probablement pour mouiller l'ancre. Ayant vu tant de choses étranges depuis la nuit dernière, je ne cherchais pas de raison à la présence de ce bateau sur ces côtes. Je sortis de ma poche l'écaille en forme de c½ur et fît darder les rayon du soleil sur le squame rutilant afin de me faire repérer par les séculaires marins. Pour patienter, je me harcelais de questions plus métaphysiques les unes que les autres, « qu'elle est vraiment notre place dans ce monde ? » ou encore « qu'elle est mon importance ? » j'essayais malgré le sable brûlant de trouver des réponse entre ses grains rouges et blonds. C'est alors qu'une colonie de fourmis sortit d'on ne sait où, formant des lettres avec leurs propres corps en mouvement, répondant ainsi à mes questions, mais un nuage venu du ciel azuré passa et m'empêcha de distinguer les mots avec précision, je restais dans l'interrogation et la paix la plus totale.
Le bateau venait de jeter l'ancre et avait déjà mis à l'eau une petite embarcation dans laquelle quelques marins prirent place. Ils me firent signe de les rejoindre et remontant mon pantalon jusqu'aux genoux, je montais à bord. La communication avec eux étaient difficile, voire impossible : en effet ils se mouvaient au ralenti et leurs lèvres n'expulsaient aucun son malgré leurs mobilités, ils essayaient, en vain de se faire comprendre. Une fois à bord, je fus surpris par la beauté et la grandeur du bâtiment, de ses fines décorations mauresques andalouses, et de l'odeur de poudre qui y régnait. On m'indiqua ma cabine qui semblait être la suite royale, je me sentais bien, on s'occupait enfin de moi. Ces personnes m'avaient-elles compris ? je ne le saurais probablement jamais. Après quelques minutes, on frappa à la porte, et une femme d'une beauté foudroyante rentra avec un plateau garnit de toutes sortes de mets, qui semblaient plus délicieux les uns que les autres. Elle le posa sur une table à un pied et lorsqu'elle se retourna pour repartir d'où elle venait, je vis deux bosses dans son dos, j'osais espérer un instant à l'existence des anges. Le soleil venait de tomber dans la mer, il faisait nuit, la lune était pleine et mon ventre plein, je décidai d'allé me coucher dans le lit à baldaquin pour y passer la nuit.
Au réveil, je me trouvais dans mon lit, la main dans celle d'une fille qui tenait bien au chaud contre elle, une canne en bambou.
# Posté le vendredi 10 novembre 2006 08:17
Modifié le lundi 20 novembre 2006 18:33

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# Posté le dimanche 15 avril 2007 10:21

Walker

Walker
# Posté le samedi 01 décembre 2007 08:07

barry

barry
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# Posté le vendredi 21 novembre 2008 12:06